Les collections de films du Forum des images

Éclairages

Entre 1986 et 1988, Alain Cavalier filme des Parisiennes au travail, formant une série documentaire autour de douze métiers. Découvrez la Matelassière, accomplissant les gestes de son métier tout en livrant des bribes de sa vie.


Harlem à Montmartre Afrique sur Seine

Si les cinéastes français tournent souvent à l’étranger, qu’en est-il des cinéastes étrangers qui viennent filmer la France ? Depuis sa création, la ville Lumière a accueilli des ressortissants du monde entier. Artistes, étudiants, travailleurs, ils sont venus en quête d’une vie meilleure et se sont confrontés à une langue, une culture et une histoire différente de la leur. A travers plusieurs documentaires, nous interrogerons le regard porté par des cinéastes d’Afrique ou d’Amérique du XXe siècle sur des expatriés installés à Paris.

Le 8 juin à 18h30, séance préparée et animée par Claire Diao, journaliste et critique de cinéma franco-burkinabè.

100% polyester, objet dansant n° (à définir) L'adage Les mariés de Robinson

La rencontre entre les deux arts conduit souvent à constater ce que la danse perd au cinéma par son incapacité à filmer la chorégraphie en continu. En découpant le corps et l’espace, le montage recompose le mouvement. Le corps du caméraman peut aussi entrer dans la danse. C’est tout l’enjeu de la vidéo danse. Filmer la danse, c’est aussi entrer dans les coulisses, découvrir le travail du corps, son envol et sa fatigue, la recherche et l’invention d’un mouvement. Enfin, le chorégraphique ne se loge pas toujours dans la performance. Trisha Brown et Pina Bausch déjà, Christian Rizzo aussi, invitent à le voir dans la transformation du geste quotidien, dans d’autres mouvements que ceux du corps.

Le 11 mai à 18h30, séance préparée et animée par Térésa Faucon, enseignante en esthétique du cinéma.

Eux et moi La traversée Belovy Le fond de l'air est rouge

Pour évoquer l’opération très physique qui consiste à tourner un film documentaire, Renaud Personnaz, directeur de la photographie, proposera un certain nombre de variations autour de la question du regard au cinéma. Encore plus qu’en fiction, déterminer qui voit et qui est vu représente le point de départ nécessaire du travail de tout réalisateur de documentaire, qu’il soit ou non le filmeur de son film. En s’appuyant sur des extraits de films très variés, les
participants seront invités à envisager certaines des innombrables possibilités de vision qui s’offrent au cinéaste comme au spectateur.

Le 13 avril à 18h30, séance préparée et animée par Renaud Personnaz, directeur de la photographie.

tentative d'épuisement d'un lieu parisien Les mauvaises fréquentations Les mais négatives Les chansons d'amour

Il n’y a pas un espace mais "plein de petits bouts d’espaces", écrit Georges Perec dans Espèces d’espaces en 1974. De montages en montages certains de ces espaces deviennent Paris, d’autres, plus modestement, ma cuisine. Mais tous ces espaces se construisent par la perception que j’en ai. Alors comment traduire ce montage permanent ? Où s’arrête l’espace d’un film ? Si filmer c’est autant remplir un espace, créer un lieu, que s’arrêter sur ces milliers d’espaces quotidiens qui remplissent nos jours, comment filmer le creux des villes ?

Le 9 mars à 18h30, séance préparée et animée par Émilie Houssa, docteure en histoire et historienne de l'art.

Jean Painlevé au fil de ses films Painlevé au fil de ses films troisième partie Jean Painleve Aujourdhui en France daphnie painlevé

Filmer le vivant fut la proposition documentaire inédite du scientifique Jean Painlevé. L’animal, figure classique du genre, y est libéré de la seule description de son environnement, pour être révélé dans sa beauté formelle d’être vivant. Créatures "invisibles" ou monstrueuses, chacune des espèces filmées par Painlevé ouvre ainsi, par la magie du cinéma, à une "dramatique de la nature" aux puissances fantastiques.

Le 9 février à 18h30, séance préparée et animée par Sophia Collet, critique et scénariste

 

Faits divers de Raymond Depardon Urgences de Raymond Depardon

Reporters de Raymond Depardon

Les années 2000 ont fixé de Raymond Depardon l’image de "cinéaste du terroir". Mais la vision qu’il a élaborée du territoire français passe par un travail sur le "système" qui le configure. Revoir ses "films d’institutions" replace sa démarche en regard de celles d’autres cinéastes, attachés à comprendre les systèmes institutionnels et les territoires qui les fondent. Police, justice, santé : les choix de Raymond Depardon se préciseront à l’aune de ceux de Frederick Wiseman ou de Wang Bing.

Le 12 janvier à 18h30, séance préparée et animée par Sophia Collet, critique et scénariste

Paul

Journal de Sébastien Laudenbach Einstein's Theory of Relativity de Dave et Max Fleischer  

À partir d’extraits de courts métrages d’animation de la Salle des collections, une découverte de ce qu’on appelle « le documentaire animé ». Pour les puristes, les deux genres peuvent apparaître contradictoires dans le rapport paradoxal qu’ils entretiennent avec la réalité. Pourtant, la technique de l’animation sait magistralement restituer le réel.

Le 8 décembre à 18h30, séance préparée et animée par Federico Rossin, critique et programmateur

Nénette de Nicolas Philibert

Etre et avoir de Nicolas Philibert 

 La moind

À partir d’extraits de films présents dans la Salle des collections, Arnaud Hée analyse l’attitude de cinéaste-filmeur qui révèle bien des aspects du geste documentaire de Nicolas Philibert. Il s’agit notamment de se relier aux êtres et aux choses en agissant et réagissant instinctivement par rapport à la scène. Il est aussi question de filmer non pas en sachant, mais pour apprendre et comprendre.

Le 10 novembre à 18h30, séance préparée et animée par Arnaud Hée, enseignant et programmateur

  Pierre Bonnard, le bonheur de peindre

«  Les documentaires ne sont que ce que les gens nous autorisent à filmer » écrivait Alain Cavalier pour Les Inrockuptibles en 2000. Filmer l’autre pour Alain Cavalier se situe donc là : dans l’entrebâillement d’une porte. Dans cet espace précis, les images d’Alain Cavalier racontent autant qu’elles se racontent elles-mêmes. Elles sont en chantier et, à travers elles, nous explorons une question fondamentale du cinéma : Jusqu’où rencontrer l’autre en fabriquant des images ?

A partir de cette phrase d’Emma Goldman, quatre extraits de films nous permettront d’interroger la pratique vidéo militante et la représentation féministe depuis les années 60. Nous évoquerons le choix des sujets, la technique de la vidéo légère et le montage, ainsi que l’art d’écouter et de filmer avec clairvoyance et humour les combats. Ici la parole est donnée aux « sans voix » qu’elles soient prostituées, du quart-monde, féministes et LGBTQI.

Le 22 septembre à 18h30 séance préparée et animée par Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir

Filmer la musique, en particulier dans le cadre d’un film documentaire, pose de nombreuses questions. Films musicaux, sur les musiciens, sur la musique, les nuances sont subtiles. Elles produisent pourtant des objets cinématographiques tout à fait différents. On pourrait rajouter à ces catégories celle des films anthropologiques qui capturent musiques folkloriques et musiques de rituels.

Le 9 juin à 18h30 séance préparée et animée par Guillaume Morel, distributeur et enseignant.

« Chris. Marker est photographe, cinéaste, essayiste, cyber artiste, documentariste. Il explore tous les supports, toutes les méthodes pour documenter par l’image la seconde moitié du 20e siècle. Au centre de ses documents se trouve la fiction car, comme l’écrit Régis Debray, Marker transforme toujours l’événement en une expérience. Il ne parle ni pour l’autre, ni pour nous. Il propose son regard et, à travers l’art du collage et du commentaire, il monte son point de vue documenté ».

Le 12 mai à 18h30 séance préparée et animée par Emilie Houssa, docteure en cinéma et historienne de l'art.

À partir d’extraits, un séminaire consacré au documentaire comme art de la disparition, de l’évocation, de la suggestion. Quatre cas exemplaires permettent d’interroger la puissance imaginative du documentaire, son action sur le hors-champ mental du spectateur, l’appel qu’il lance à l’imaginaire, sa capacité à traverser les failles de la mémoire.

Le jeudi 14 avril à 18h30, séance préparée et animée par Federico Rossin, historien du cinéma et programmeur indépendant.

La salle des collections permet de découvrir des films tournés pendant la Seconde Guerre mondiale par une vingtaine de cinéastes amateurs. Conscients de vivre une période exceptionnelle, ces derniers ont souvent voulu témoigner : de la mobilisation, des destructions, de la présence allemande dans des lieux familiers ou encore de la réappropriation de l'espace public avec la Libération. Marquées par la contrainte, leurs images permettent de vivre la guerre à leurs côtés, au plus près de leurs imaginaires.

Le jeudi 10 mars à 18h30, séance préparée et  animée par Julie Guillaumot, archiviste spécialiste du cinéma amateur.

A partir d’extraits de films documentaires tournés à des époques différentes, on analysera  comment le regard des cinéastes sur l’évolution de la psychiatrie reflète en définitive la société à un moment donné : la mémoire asilaire à Ville-Evrard (Histoires autour de la folie, de Paule Muxel et Bertrand de Solliers, 1993) ; une structure psychiatrique ouverte, à la pointe de la politique de « secteur » (Passage critique, d’Abraham Segal, 1986) ; un haut-lieu de la psychothérapie institutionnelle, où un pensionnaire dit au cinéaste : « On est entre nous, mais vous aussi vous êtes entre nous » (La moindre des choses, de Nicolas Philibert, 1996) ; l’invisibilité des gens en grande souffrance, qui se retrouvent à la rue ou en prison. (Un monde sans fous, de Philippe Borrel, 2009).

Le jeudi 11 février 2016 à 18h30, séance préparée et animée par Yves de Peretti et Catalina Villar, cinéastes.

 

Comment le cinéma documentaire nous montre-t-il ceux qui vivent dans les replis de la ville – sans-logis, migrants et réfugiés, SDF, expulsés, squatteurs… ?

Le 17 décembre à 18h, préparé et animé par Jean-Yves de Lépinay, Directeur des programmes du Forum des images.

Ce séminaire de découverte et de recherche interroge quelle image mettre sur le nom de « peuple », longtemps synonyme de « prolétariat » dans des films comme Point de départ de Robert Kramer ou La Commune de Paris de Robert Menegoz. Complété par des extraits d’œuvres plus récentes, Gabriel Bortzmeyer tente de dresser le portrait-robot de celui qui nous est contemporain.

Le jeudi 14 janvier 2016 à 18h30, préparé et animé par Gabriel Bortzmeyer, enseignant-chercheur et critique de cinéma.

ÉCLAIRAGES 

Chaque mois, un petit séminaire de découverte et de recherche, ouvert à tous : un spécialiste, chercheur, critique, historien… examine une question au prisme des représentations qu’en propose le cinéma documentaire.

Dans les semaines qui précèdent, il adresse à ceux qui le souhaitent quatre petites « lettres » vidéos, quatre extraits brefs de films qu’il a sélectionnés, et qu’il commente brièvement. Chacun est ainsi invité, s’il le souhaite, à ouvrir sa réflexion et à se préparer à échanger avec les autres participants à ces « éclairages ».

 Pour recevoir les lettres, et/ou pour s’inscrire aux Eclairages : eclairages@forumdesimages.fr

     
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